Jun 25, 2017 Last Updated 2:29 PM, Apr 22, 2017

Afrocubism est l’histoire d’un vieux rêve musical devenu réalité. Le producteur Nick Gold avait le projet de réunir, dans les années 90, des musiciens maliens et cubains pour enregistrer un disque à la Havane. Ry Cooder et le label World Circuit attendaient les musiciens maliens à Cuba. Ceux-ci, n'ayant pas obtenu leur visa, ont été remplacés au pied levé par Ibrahim Ferrer, Compay Segundo, Eliades Ochoa, Omara Portuondo, Ruben Gonzalez

Résultat, c’est le succès mondial de Buena Vista Social Club. Des millions de disques vendus et la résurrection de vieux musiciens cubains propulsés au devant de la scène.

Mais Nick Gold, qui avait produit le guitariste malien Ali Farka Touré, premier africain ayant remporté un Grammy pour son disque Talking Timbuktu, s’est entêté à réunir deux traditions musicales dans un seul studio : la guitare cubaine avec la kora et le n’goni du Mali.

Et le projet nait enfin sous le nom d’Afrocubism. Ce rêve musical resté en attente pendant quatorze ans arrive à bon port. Afrocubism récupère l’idée originale de jumeler les musiques du Mali et de Cuba pour marier les richesses sonores de l’Afrique et des Caraïbes.

Afrocubism réunit des musiciens comme le guitariste et chanteur Eliades Ochoa qui depuis 1978 est à la tête du Quatuor Patria. Coté malien, on retrouve Toumani Diabaté, le prince griot de cette singulière harpe-luth d’une vingtaine de cordes fabriquée à partir d’une grande citrouille et de la peau de bouc, Bassekou Kouyaté, maître du violon n’goni qui avait travaillé avec Ali Farka Touré, et actuel leader de N’goni Bâ. Figurent aussi dans le projet le vétéran griot Kasse Mady Diabaté, fondateur, dans les années 60 de l’orchestre Merveilles du Mali, et Djelimady Tounkara, guitariste doué qui faisait partie de l’Orchestre Misira et du trio Bajourou.

Les artistes réunis dans Afrocubism n’avaient jamais joué ensemble et ont enregistré 17 titres en cinq jours seulement, puis 9 autres titres quelque temps plus tard.

Le répertoire d’Afrocubism mêle quelques instrumentaux nés sur le moment, des classiques cubains ("Guantanamera", "La Culebra" de Benny Moré, "Para Los Pinares se va Montoro" de Compay Segundo) ou maliens, avec notamment une version étourdissante de "Jarabi". Mais c'est la beauté des entrelacs des instruments à cordes qui emporte l'auditeur : porté par de légères percussions, guitare, n'goni et kora tissent des toiles d'une formidable subtilité, entre lesquelles sinue le balafon, ici dans le rôle du piano cubain.

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